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histoire·s

1898
Nouveau Larousse illustré

Eugène Grasset, Nouveau Larousse illustré en sept volumes, Pierre Larousse, 1898-1901.

27.05.2022

Cette image est une lithographie d’Eugène Grasset. On y voit une femme soufflant dans un pissenlit blanc qu’elle tient en main et en arrière-plan, on a une vue du ciel qui se mélange aux nuages. Il n’y a pas plus d’éléments ce qui, je trouve, fait son charme. C’est une image paisible et aérée, j’ai comme une impression de liberté en la regardant, comme si tout devenait léger, doux et plus simple, qui je pense, est fait exprès car cette image s’agit de la couverture du nouveau Larousse illustré, le pissenlit dans sa main est comme une comparaison, une métaphore pour parler du contenu dans ce livre. Le côté trop “vide” de l’image est rétabli à l’aide du texte dont le choix de typographie est en même temps “présent” et léger grâce à ses courbes. Sa couleur noire nous rappelle le contour fin du personnage et donc s’assortit avec le dessin. Le fait que toutes les lettres sont en majuscules, ça dynamise l’ensemble de l’image, ça nous attire, pour par la suite, nous emmener dans un dessin beaucoup plus gracieux. Les couleurs m’ont aussi beaucoup plu (bleu, beige orange, jaune), ils sont fades, endormis et n’agressent pas, le noir, encore une fois, équilibre l’ensemble, il nous réveille, un peu comme s'il nous indiquait le chemin, la limite entre chaque forme.

Eugène Grasset est un graveur, lithographe, affichiste, décorateur, peintre, sculpteur et architecte Français (il a travaillé à Paris) d’origine Suisse faisant partie du mouvement de l’art nouveau, né en 1845 et meurt en 1917. Il a fait des études d’architecture à Zurich et étudie le dessin avec Francois-louis David Bocion. Après avoir terminé ses études il visite l’Égypte dont la culture et l’art se reflétera plus tard dans ses productions. Il est aussi un grand admirateur de l’art japonais dont beaucoup de ses œuvres y sont inspirées. C’est ses affiches et ses lithographies qui vont lui apporter le plus de succès dans sa carrière.

Henri Toulouse-Lautrec, La Revue blanche, 1895.

Henri Toulouse-Lautrec descendant d’une grande famille de noblesse est un peintre, graveur, lithographe, affichiste et illustrateur français faisant partie du postimpressionnisme. Il peint principalement les cabarets montmartrois et la vie nocturne parisienne. Pour élargir ses connaissances en peinture, il se rend à l'atelier de René Princeteau à Paris. Il découvre rapidement un grand du succès pour ses créations, que ce soit pour ses peintures, ses lithographies et ses affiches.

J'ai comparé l'image d’Eugène Grasset avec celle de “La revue Blanche” de Henri Toulouse-Lautrec, ces deux images lithographiques proviennent de la même époque. Je trouve qu’elles se ressemblent esthétiquement en plusieurs points.

Tout d'abord par leur composition, ici on a aussi une femme plus éloigner et dans le sens inverse. Elle tient aussi quelque chose de doux en main, de la fourrure. On a ici un personnage moins figé, elle a l’air d’avancer, grâce à un style de dessin moins détaillé et plus “rapide”. En arrière-plan, nous avons quelque chose d’assez unis, un intérieur d’une pièce en pointillée, l’intention est de faire ressortir le personnage discrètement. Ensuite, nous avons une même ambiance de couleurs fades avec la présence de bleu, beige, jaune, orange. Seul le rouge qui est un peu plus dynamique s’est rajouté par petite quantité au centre et en bas de la composition. Ici le personnage n’a pas de contour, ce qui fait la plus grande différence entre c’est deux artistes. Grasset a un style de dessin beaucoup plus graphique que Lautrec, qui lui est plus sensible, il joue avec les pleins et les vides. Ici aussi on entre dans l’image par le noir, qui provient du chapeau de la dame et le texte noir qui dynamise la composition. Comme la première image la typographie est courbée comme celle du style de dessin. Cette image est plus aérée que la précédente car ici nous avons la présence d’un cadre vide d’un centimètre tout autour de l’image.

Pour conclure, ces deux artistes ont certainement eu des inspirations communes comme par exemple l’art japonais ou encore l’art nouveau (beaucoup de courbes végétales). Ils ont une plus grande importance pour le personnage que pour le reste, il y a une volonté chez les deux artistes de donner des poses “gracieuses”, qui figent beaucoup plus les modèles peint chez Grasset que chez Lautrec.

Céline Al Haddad

Travail réalisé dans le cadre du cours d’histoire du livre, illustration et graphisme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, 2022.

27.05.2023

Voir aussi: Le Petit Larousse — la « Semeuse » et la devise « Je sème à tout vent ».