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1846
Struwwelpeter

Struwwelpeter ou Amusantes histoires et plaisantes images pour enfants de 3 à 6 ans Dr Heinrich Hoffmann, 1846.

15.05.2020

Ces images sont des illustrations dans des livres pour enfants , Le titre indique qu'elles ont pour but d'être « plaisantes » pour de très jeunes enfants (3 à 6 ans). Cet aspect bien que subjectif semble véridique lorsqu'on regarde les images : Elles mettent en scène des personnages enfantins, dans des situations amusantes. Les pages ne sont pas surchargées d'informations ni écrites ni graphiques. On imagine facilement un enfant être attiré visuellement par ces images.

Les décors, assez simples, semblent servir d'ornementation pour les pages, plus que d'environnement pour les personnages. Bien que certaines zones soient en effet des endroits où les personnages peuvent évoluer (le chemin sur la première image, la plate-forme sur la dernière) la plus grande partie du « décor » est composé uniquement de sortes de structures de barrière, agrémentées de végétations. Il est difficile de décrire précisément ces éléments, cependant, ils n'ont pas l'air d'être des espaces où les personnages pourraient « vivre » , Ces éléments pourraient cependant servir à structurer les pages, marquer la composition et établir différentes zones, notamment celle où se trouvera le texte. On remarque tout de même que, bien que ces espaces ne fassent pas partie de la diégèse de l'histoire, un certain effort a été fait pour garder une harmonie et un lien entre le monde des personnages et le monde de l'ornementation de la page : on le voit avec les arbres dans la première image, qui sont les mêmes dans la structure de la page et sur le chemin où le personnage marche. De la même façon dans la dernière image, on retrouve des oiseaux sur la structure, qui sont dessinés de la même façon que les personnages présents au-dessus, cet-à-dire entièrement noirs, comme des silhouette.

Ainsi, bien qu'une partie du décor soit utilisé uniquement pour ornementer et structurer la page, on peut voir une volonté de garder une certaine homogénéité entre le cadre dans lequel les personnages évoluent et le décor de la page.

Cette image se situe à la fin du récit Die Geschichte von den schwarzen Buben (l'histoire du garçon noir) qui raconte l'histoire d'un enfant à la peau noire qui se fait suivre et moquer par trois autres enfants. Ces derniers finissent par se faire punir par un cinquième personnage qui les plonge dans de l'encre noire.

On trouve dans cette image le personnage de l'enfant noir (appelé « le petit Maure » dans le texte), qui porte une ombrelle. Il se dirige vers la gauche, semble assez sérieux, ou plutôt indifférent à ce qui l'entoure, bien que sa posture et sa démarche restent enfantines. Il est suivi par les trois personnages qui se sont moqués de lui, et le font encore d'ailleurs, puisqu'on voit bien leur sourire très accentué. On sait que cette image est vers la fin de l'histoire, car ces trois personnages sont représentés comme des silhouettes noires, parce qu'ils sont en effet recouverts d'encre. Ils se dirigent dans la même direction que le premier enfant, mais leur attitude est différente. Ils semblent bien plus immatures, de part leur expression moqueuse et leurs tenues (vêtements amples, chapeaux, collerettes...) qui les font ressembler à des clowns ou des bouffons, ainsi que les objets qu'ils tiennent (drapeau, cerceaux…) qui rappellent des accessoires de cirque.

Cette image et les précédentes m'évoquent les albums de Claude Ponti. J'ai d'abord fait ce rapprochement en lisant l'anecdote selon laquelle le Dr Heinchrich Hoffmann aurait dessiné et écrits ces histoires pour son enfant avant de les faire publier. En effet, il se trouve que Claude Ponti a lui aussi commencé sa carrière d'illustrateur jeunesse en dessinant un premier album pour sa fille. Le livre en question s'intitule « L'Album d'Adèle »

On peut trouver d'autres similitudes :

Déjà, dans la composition des images, qui sont structurés avec des « étages ». Bien que chez Hoffmann ces différents niveaux sont clairement marqués par l’ornementation, tandis que chez Ponti les « étages » sont marqués uniquement par les personnages qui sont sensiblement de la même taille, et tous placés sur une même ligne, forméejustement par l’alignement des personnages.

Les histoires racontées partagent aussi leur caractère absurdes et irréaliste. Les autres albums de Claude Ponti sont de meilleurs exemples de sa façon spécifique de raconter les histoires, étant donné que dans L'album d'Adèle le récit n'est pas précisément défini. Dans ses autres livres, les histoires se situent toujours dans des mondes imaginaires et incroyables, dans lesquels évoluent des personnages eux aussi bien loin du réalisme.

Caroline Collin

Travail réalisé dans le cadre du cours d’actualité d’histoire du livre, illustration et graphisme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, 2020.

15.05.2021

Cette page est tirée du livre jeunesse Amusantes histoires et plaisantes images pour enfants de 3 à 6 ans du Dr Heinrich Hoffmann (ou Crasse-Tignasse écrit et illustré par Heinrich Hoffmann.)* Ce recueil regroupe une dizaine de contes mettant en lumière les défauts d’enfants désobéissants et les conséquences quelque peu funestes et tragiques, découlant de leur indiscipline.

L’illustration est en couleur. Nous pouvons y voir un jeune enfant avec des cheveux ébouriffés. (Comme s’ils étaient électriques ou emmêlés) il a également de très long ongles qui semblent être aussi pointus que des aiguilles. Ses ongles ont l’air dangereux et menaçants. Il pourrait se blesser ou blesser quelqu’un. Il est mit en exergue, les jambes écartées sur une sorte de socle. (Le but est-il de le placer comme statue que l’on observe ? Comme bête de foire ?) L’illustrateur positionne l’enfant dans un espace neutre (fond blanc), on ne saurait pas vraiment définir son âge, son sexe. (il est également relativement neutre) Peut-être pour que les enfants de toutes classes sociales confondues puissent s’identifier à lui ? Et donc obéir pour ne pas qu’il leur arrive la même chose ?

Sur l’avant du socle, nous pouvons observer une paire de ciseaux et un peigne qui font référence à l’histoire. C’est en lisant le l’on comprend vraiment de quoi il s’agit. (Typographie Gothique en allemand.) En cherchant la traduction française, le texte raconte l’histoire de « Pierre l’Ebouriffé » qui refuse qu’on lui peigne la tête, qu’on le lave et qu’on lui coupe les ongles pendant un an. Il est qualifié de « sale » et de « vilain ». Il est moqué et humilié : « Il devrait se cacher sous terre ».
Ref: Struwwelpeter ou Amusantes histoires et plaisantes images pour enfants de 3 à 6 ans Dr Heinrich Hoffmann, 1846

Charlotte Gandara Espinosa

Travail réalisé dans le cadre du cours d’actualité d’histoire du livre, illustration et graphisme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, 2020.