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histoire·s

1746
quadrichromie

Jacques Fabien Gautier-Dagoty, Femme vue de dos, disséquée de la nuque au sacrum, dite L’Ange anatomique, Planche 14 pour la Myologie complète en couleur, 1746

27.05.2022

Jacques Fabien Gautier d’Agoty est un peintre et graveur d’anatomie français du XVIIIème siècle. L’une de ses gravures appelée « L’ange anatomique» m’a particulièrement intriguée. Une myologie est une partie de l’anatomie qui traite des muscles.

On observe une femme de dos avec tous les muscles ainsi que sa cage thoracique exposés. Je trouve que l’image, enlevée de son contexte scientifique et didactique possède une réelle esthétique et valeur artistique. En effet le visage doux de la femme, sa position élégante contraste énormément avec le rouge intense de ses muscles. Ce genre de contraste me fait voir une réelle beauté dans la représentation scientifique et induit également que la science se marie bien avec les talents picturaux d’un artiste.

Cela m’a immédiatement fait penser à Jean-Michel Basquiat, un peintre américain des années 70-80 appartenant au mouvement du néo-expressionisme. Si l’on remonte à son enfance, on apprend qu’il s’est fait renverser par une voiture à un très jeune âge. Alors alité, sa mère décide de lui offrir le fameux livre de médecine « Gray’s Anatomy » ( livre qui a d’ailleurs inspiré le nom de la série « Grey’s Anatomy ») pour qu’il puisse d’avantage apprendre sur son corps.

Les gravures contenues dans ce livre, d’un style similaire à la myologie étudiée de Gautier d’Agoty ont énormément inspiré Jean-Michel Basquiat qui incorporait dans ses œuvres beaucoup d’éléments d’anatomie. Il est très intéressant alors de comparer ces gravures d’anatomie avec les œuvres de Basquiat car nous comprenons à quel point l’imagerie de notre passé peut encore nous inspirer et nous influencer lors de la création d’œuvres picturales. Ces shémas sont donc considérés par les artistes actuels comme de véritables œuvres d’art.

Jean-Michel Basquiat, Sans titre, 1981. Peinture aérosol et crayon gras sur toile, 122,8 x 152,4 cm

Nina Baldo

Travail réalisé dans le cadre du cours d’histoire du livre, illustration et graphisme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, 2022.

marginalia

27.05.2022

Sur l’image L’Ange anatomique de Jacques Fabien Gautier-Dagoty, nous pouvons apercevoir une jeune femme assise, de dos qui regarde à droite. Sur son dos, il y a du rouge qui saute aux yeux, nous pouvons supposer que ce sont des muscles ainsi qu’une aile se trouvant à gauche. Nous ne voyons par contre pas d’aile à droite. Elle nous montre ses muscles et pour ma part, je pense que cette jeune femme regardant à droite est triste. Nous pouvons même constater en regardant son visage, la tristesse qui l’envahie suite à la perte de son aile droite. Ce qui me plait, c’est le contraste que l’on peut retrouver entre les différentes couleurs. Ce qui m’intrigue dans cette image, c’est la façon dont l’auteur l’a peinte. Elle me pousse à vouloir savoir ce qui se passe.

L’Ange anatomique de Jacques Fabien Gautier-Dagoty me rappelle à la colonne brisée de Frida Kahlo.

Pour moi ces deux images ont beaucoup de choses en commun. La couleur des œuvres et le contraste sont similaires. Nous pouvons également remarquer que dans les deux images, la magie de l’œuvre se trouve dans le buste, un derrière (au dos) et l’autre devant (la poitrine). Ces deux œuvres sont du surréalisme mais un surréalisme avec un grand sens et une logique cachée derrière, ils veulent interpréter quelque chose aux spectateurs, une histoire, une vie. Sur les visages des jeunes femmes, nous apercevons leurs souffrances. La première est plus triste que l’autre, le regard perdu tandis que nous pouvons lire la tristesse dans les yeux de la deuxième. Ces deux images nous procurent le même sentiment.

Nechyla Fernandez

Travail réalisé dans le cadre du cours d’histoire du livre, illustration et graphisme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, 2022.