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histoire·s

1462/63
Biblia Pauperum, Albrecht Pfister

Biblia Pauperum, Albrecht Pfister, 1462/1463

27.05.2022

Cette image, tirée de la Biblia Pauperum d'Albrecht Pfister parue en 1462/63, représente une scène biblique illustrée. J’ai choisi cette image car elle me fait penser à une planche de bande dessinée par l’enchainement des images créant une scénette. On comprend ici que la succession d’images cherche à créer un mouvement, une scène de « film » visant à raconter une histoire, avec des plans rapprochés et des plans larges. Ces images sont ornementées de texte qui semblerait raconter ce qu’il s’y passe, peut-être même les ressentis des personnages bibliques, leurs actions. Sur les deux pages, la composition est la même : un texte qui entoure un triptyque dont l’image du milieu est plus haute et plus large que les deux autres, les deux images de gauche et droite représentant deux personnages en discussion. Sous ce triptyque une légende, puis deux grandes images de la même taille que l’image centrale du triptyque.

Toutes ces images sont composées des mêmes personnages, qui sont les protagonistes de l’histoire racontée, que l’on voit changé d’expression de visage, se mouvoir et évoluer. Par exemple, sur la page de droite, sur la première case en dessous du triptyque, on peut voir l’émotion du personnage avec la couronne par sa posture, les traits de son visage, son expression, je l’interprète ainsi : il semble être en train de raconter un évènement, il semble ému.

C’est ce qui rapproche fortement ces illustrations d’une planche de BD. J’ai choisi de mettre en rapport cette image avec les planches des albums illustrés « Bécassine » (par Joseph Pinchon et Jacqueline Pivière, 1ère parution en 1913) car je retrouve la même idée d’une succession d’images racontant une aventure. En effet, les planches de Bécassine se composent toujours de la même manière : des personnages vivant une action illustrée par un enchainement d’image reprenant ces mêmes personnages. De plus, les images de Bécassine, bien que dépourvues de cadres au contraire de la scène biblique, sont elles aussi ornementées de texte qui raconte l’histoire illustrée. J’ai là aussi cette sensation de regarder quelque chose de cinématographique, avec différents plans. Les personnages bougent, on peut identifier leurs différentes émotions par leur langage non-verbal et leurs mimiques, on pourrait presque comprendre la scène sans recourir au texte, tout comme dans la scène biblique.

Zoé Ravet

Travail réalisé dans le cadre du cours d’histoire du livre, illustration et graphisme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, 2022.

marginalia

27.05.2022

Sur cette double page du livre nommé « Biblia Pauperum » par Albrecht Pfister, on voit du texte entrecoupé par des images juxtaposées placées au milieu et au centre de la page. Si l’on regarde les dessins, on voit des personnages habillés de drapés qui semblent parler entre eux à propos d’un nouveau-né.

Des codes et symboles sont utilisés pour différencier les personnages et montrer leur statut. On peut imaginer que le texte entourant les images est la narration de l’histoire, qu’il explique ce qui se passe dans les images, de plus il est positionné stratégiquement, il y a du texte au-dessus, entre et en dessous, et correspondrait aux images qui sont à côté. L’histoire raconte la naissance de Jésus, un thème important dans le christianisme qui, à l’époque, devait être transmis au plus grand nombre.

Cette disposition et cet enchainement des images qui a la volonté de raconter m’ont fait penser à un courant littéraire moderne très connu: la bande dessinée. Et m’a rappelé une planche de bande dessinée qui montre le thème de la naissance de Jésus.

Dans le livre « L’évangile pour les enfants » écrit par Christine Ponsard et Jean-François Kieffer, publié en 2012. Les pages 16-17 montre la naissance de Jésus et j’ai trouvé beaucoup de ressemblance avec les méthodes de représentation de la « Biblia Pauperum. » Dans les deux représentations on lit de gauche à droite les images qui montrent la naissance de Jésus puis l’ange qui annonce la Bonne Nouvelle, les bergers qui répandent la nouvelle autour d’eux.

Dans les deux cas le texte est placé stratégiquement près des images. Leur le but est d’éduquer et rendre l’histoire plus facilement compréhensible par des images pour les plus jeunes ou les illettrés.

Thunus Blanche-Capucine

Travail réalisé dans le cadre du cours d’histoire du livre, illustration et graphisme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, 2022.